Un producteur qui m’écrit pour la première fois pose rarement la question qu’il croit poser. Il demande mon style, mon tarif, ou si je suis libre en mars. La question qui se cache derrière est le plus souvent la même : est-ce que cette personne va me livrer un objet fini, dans les temps, sans me forcer à improviser en salle de mixage trois jours avant la sortie.
Voici comment se déroule un projet chez moi, du premier échange au fichier livré, et ce que chaque étape change concrètement pour vous.
Avant la première note : le spotting
Rien ne commence par de la musique. Ça commence par un visionnage ensemble, ou un montage que vous m’envoyez avec vos propres repères, pour décider à deux où la musique entre, où elle sort, et surtout où elle se tait. Cette étape s’appelle le spotting dans le métier, et elle prend en général une à deux heures. Elle coûte du temps en amont, mais elle évite le pire scénario : composer douze minutes de musique dont trois seulement serviront, parce que personne n’avait tranché avant.
C’est aussi le moment où je pose la question qui décide de tout le reste : qu’est-ce que cette scène raconte que l’image seule ne raconte pas encore. Une musique qui répète l’image est une musique en trop.
La maquette n’est pas un brouillon
Une fois le brief posé, je livre une ou deux maquettes sur les scènes les plus révélatrices du film, pas sur l’ensemble. Une maquette n’est pas une version dégradée du morceau final, c’est un outil de décision : elle sert à valider une direction harmonique, un tempo, une texture, avant d’engager du temps de production dessus. Changer d’avis sur une maquette coûte une heure. Changer d’avis après l’enregistrement d’un orchestre coûte une session.
C’est dans cet aller-retour que se joue la vraie collaboration. Un réalisateur qui dit « ça sonne trop grand pour cette scène » à ce stade me fait gagner du temps. Le même retour après le mixage final coûte cher aux deux.
Orchestre ou électronique : un choix dicté par le film, pas par moi
On me demande souvent si je fais plutôt de l’orchestral ou de l’électronique, comme si c’était une carte de visite à choisir une fois pour toutes. Ce n’est pas ma question à trancher en amont, c’est celle du film. The Feeling That the Time for Doing Something Has Passed, le long métrage de Joanna Arnow sélectionné à la Quinzaine des Cinéastes du Festival de Cannes 2023, demandait une écriture intime et retenue. Un projet plus large, porté par de l’image, appelle une texture différente.
J’écris dans les deux directions parce que ma formation le permet : IMEP (Berklee Global Partners) et Conservatoire de Paris pour l’écriture instrumentale, et OMEM, mon duo avec Rémi Kalfon Riou, assistant directeur musical des cérémonies des Jeux olympiques de Paris 2024 aux côtés de Victor Le Masne et de Starmania, pour l’hybridation entre matière organique et texture électronique. Le résultat : je ne vous vends pas un genre, je choisis l’outil qui sert la scène.
La preuve que le calendrier tient : Cannes
The Feeling That the Time for Doing Something Has Passed a eu sa première mondiale à la Quinzaine des Cinéastes en 2023, puis sa première nord-américaine au Toronto International Film Festival, section Centrepiece, avant une sélection en compétition au Festival du cinéma américain de Deauville. Un créneau de festival ne bouge pas : la date de projection est fixée des mois à l’avance, et la musique doit être livrée, mixée, prête, avant cette date, pas approximativement avant.
C’est le genre de contrainte qui structure la façon dont je travaille sur tous les projets, pas seulement ceux qui vont à Cannes. Un calendrier de post-production ne pardonne pas les approximations, qu’il se termine par une avant-première ou une sortie en salle.
Ce que vous recevez à la fin
Le livrable final, ce n’est pas un fichier MP3 envoyé par mail avec un mot d’excuse sur la qualité. C’est un mix terminé et masterisé, aux formats standards de la post-production (WAV 48 kHz / 24 bits a minima), avec les stems séparés quand le montage son en a besoin pour recaler ou réajuster un élément sans tout redemander. Les droits et la situation SACEM se clarifient avant la livraison, pas après, pour qu’aucune diffusion ne se retrouve bloquée par une question qui aurait dû être posée trois mois plus tôt.
Voir avant de décider
Mon travail est classé par catégorie sur la page d’accueil du site (Cinéma, Publicité, Scène, Catalogue), pour que vous n’ayez pas à trier soixante et un projets pour trouver les cinq qui ressemblent au vôtre. Le catalogue de près de 300 pistes s’écoute et se filtre par ambiance directement en ligne, si vous cherchez une direction avant même le premier échange.
Si vous préparez un long métrage, une série ou un projet indépendant et que vous voulez savoir si mon écriture correspond à ce que vous cherchez, écrivez-moi. Je réponds sous 48 heures, et pour les productions qui nécessitent une négociation plus formelle, je suis représenté par Time Art.
